Quel retour sur investissement peut-on attendre des crédits carbone ?
- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
Les leçons tirées du marché du carbone et une typologie pour les entreprises et les investisseurs.
On nous demande souvent : quel retour sur investissement réaliste une entreprise peut-elle espérer lorsqu’elle investit dans des crédits carbone pour sécuriser sa dépendance à la biodiversité ? Et qu’en est-il d’un investisseur financier qui se positionne dans ce marché émergent ?
Les équipes RESTORE et FDB - Fonds de Dotation pour la Biodiversité ont combiné 2 ensembles de données : les schémas tarifaires du marché volontaire du carbone (VCM) et la littérature économique sur la biodiversité ROI (BCG, WEF, OCDE-OCDE, CDC Biodiversité, MSCI Inc., IISD, A4S, Earth Finance).
3 conclusions clés :
Le marché du carbone accorde déjà de l’importance à la prise en compte des questions de biodiversité. Sur le VCM secondaire, les crédits notés AAA-A se négocient à environ 14,80 USD contre 3,50 USD pour CCC-B (une différence de plus de 300 %). Dans le secteur primaire, les meilleurs projets dépassent 30-40 USD. Les co-avantages de la biodiversité ajoutent une prime de +70 % à +180 % (Sylvera, 2025), et les crédits de retrait valent environ quatre fois ceux des crédits d’évitement.
Le ROI direct reste hétérogène à court terme (prix pilotes : 7 000 à 41 000 USD/crédit, OCDE 2024), tant que les méthodologies de l’UE ne sont pas stabilisées (publication à partir de la mi-2026, plus probablement fin 2026/2027). Modeste pour les entreprises, des opportunités significatives subsistent pour les investisseurs financiers qui entrent tôt, avant que le marché de la conformité ne décolle.
Le ROI intégré concentre la valeur économique — un multiple de 3 à 10 fois la dépense initiale d’un portefeuille à haute intégrité. Pourquoi ce ratio est-il structurellement supérieur à celui du carbone ? Parce que, contrairement au climat, la biodiversité implique des dépendances opérationnelles concrètes et localisées (pollinisation, eau, sol, régulation sanitaire). 3 conditions sont nécessaires : (1) l’alignement entre la zone d’intervention et la chaîne de valeur de l’acheteur, (2) l’intégrité méthodologique reconnue par les futurs cadres de l’UE, et (3) l’entrée précoce avant la convergence des prix.
🇪🇺 Cadre européen / marché mondial : La feuille de route des crédits nature (CE, juillet 2025) + le règlement sur la restauration de la nature (NRL) + le cadre de certification pour l’élimination du carbone (CRCF) représentera un marché mondial évalué à 5,7 milliards USD (2024), avec une forte croissance attendue dans les années à venir, atteignant 48,7 milliards USD d’ici 2034 (Insight Ace Analytic), face à un déficit annuel estimé au financement de la biodiversité d’environ 700 milliards USD.


























Commentaires