Itw de Bernard Limal, Président du FDB. EN

Interview de Bernard LIMAL Président du FDB dans le journal “La Revue Associations” du daté décembre 2012.

Depuis 3 ans, le Fonds de Dotation pour la Biodiversité soutient des programmes de préservation du patrimoine naturel de notre planète et mène des actions de sensibilisation auprès du public. Bernard Limal, son président, nous en présente le fonctionnement.

Comment est né le Fonds de Dotation pour la Biodiversité ?
Le Fonds de Dotation pour la Biodiversité est né de la conjonction de deux éléments. D’une part, la prise de conscience accrue des sujets liés à la biodiversité, dans le contexte du Grenelle de l’environnement. D’autre part, l’émergence, en 2008, des fonds de dotation. Un outil dont le législateur a voulu qu’il réunisse les avantages de l’association et de la fondation. Mais aussi en gommer les contraintes afin de faciliter la création d’organismes oeuvrant dans l’intérêt général.

Quels sont les objectifs de ce fonds de dotation ?
La préservation de la biodiversité est notre premier objectif. C’est pourquoi nous conduisons en direct avec les opérateurs de terrain des missions destinées à protéger des espèces végétales ou animales menacées, ou à préserver la qualité de l’environnement indispensable à la biodiversité, comme l’air ou l’eau. Ainsi, nous tentons de faire en sorte que l’équilibre qui est apparu dans le cadre de la diversité du vivant soit maintenu. De fait, nous n’entrons pas dans des débats philosophiques sur la place de l’homme dans la nature. Pour nous, l’homme fait partie de la biodiversité, et donc il faut qu’il trouve sa place aux côtés de toutes les espèces vivantes qui constituent le charme formidable de notre environnement. Notre second objectif est de susciter une prise de conscience du grand public et des décideurs concernant les enjeux portés par la biodiversité. Cette mission de « faire-savoir » prend la forme de campagnes d’information, de sensibilisation et d’éducation notamment destinées aux enfants. Car l’ensemble des administrateurs et de l’équipe du Fonds de Dotation pour la Biodiversité partage la conviction que la meilleure éducation des parents passe par les enfants.

Un de vos programmes s’appelle « Save your logo ». Pourriez-vous nous le présenter ?
Le concept est assez simple. « Save your logo » nous permet de nous adresser à des entreprises qui ont un logo végétal ou animal et de leur tenir le discours suivant : « Vous avez bâti votre notoriété sur cette espèce, or cette espèce est menacée. Aidez-nous à la protéger. » C’est, en quelque sorte, un retour, une reconnaissance envers l’espèce qui leur sert de logo. Grâce à ce programme, nous avons déjà lancé des programmes de protection des crocodiles dans plusieurs pays avec Lacoste, des opérations de préservation des dauphins avec la MAAF, ou encore des missions de protection d’un rhinocéros au Népal en partenariat avec Rhinos.

Pensez-vous que les associations doivent mener des actions plus créatives afin de trouver des financements ?
C’était notre stratégie de départ. Il y a beaucoup d’acteurs qui interviennent dans le monde de la protection de la biodiversité, de grandes associations, des organisations internationales, de petites associations. Je ne me situe pas dans un esprit de concurrence. Simplement, quand on veut créer une nouvelle institution, j’ai le sentiment que pour réussir il faut capter l’attention en marquant sa différence. Par exemple, le programme « Save your logo » est typiquement un programme basé sur un concept, qu’on pourrait qualifier de marketing si nous étions une entreprise. Un programme qui nous a permis d’intéresser les mécènes afin qu’ils viennent nous aider à conduire des actions d’intérêt général. Par ailleurs, nous privilégions une approche personnalisée de nos mécènes. C’est-à-dire que nous ne proposons pas des produits types mais que nous essayons de cibler les actions qui correspondent le mieux à leur image, à leur culture, à leur démarche, pour faire non pas du prêt-à-porter mais du sur-mesure. Ainsi nous arrivons à nouer des relations très constructives car nous partageons un vrai projet avec nos mécènes, tout en prenant soin de bien distinguer le rôle de chacun. Le mécène a sa responsabilité d’entreprise, le fonds de dotation a celle de choisir et d’appliquer les actions qui correspondent, de son point de vue, à l’intérêt général.

De quels moyens humains et financiers disposez-vous pour réaliser vos missions ?
Nous avons un dispositif de collecte qui, bon an mal an, nous permet de réunir à peu près 1 M€ chaque année pour financer les actions d’intérêt général et le faire-savoir. Ensuite, le souci est de ne pas grever l’utilisation de ces fonds par des frais de fonctionnement démesurés. Donc, nous avons pris le parti d’avoir une équipe relativement légère nous permettant de réunir quelques compétences spécialisées qui nous sont indispensables tant du point de vue scientifique que de celui de la communication pour offrir une réponse efficace aux attentes des mécènes. Par ailleurs, la rigueur dans l’organisation, la gestion financière et comptable a été pour moi, avant même que ne commence le premier programme, une condition impérative. Cela nous permet d’entretenir une relation professionnelle avec notre commissaire aux comptes Deloitte et de bénéficier d’une certification des comptes acquise depuis le début de l’institution.

Est-ce que ces éléments de transparence sont pris en compte par les mécènes ? Tout à fait. Dans toutes les conventions passées avec les mécènes, se trouvent des obligations de reporting réguliers, d’information sur l’avancée des programmes, de la production d’un rapport annuel qui comprend un volet financier, mais aussi une clause qui autorise les mécènes à diligenter un audit de nos comptes. Une fois, un mécène a utilisé cette faculté et les deux conclusions de l’audit ont été que, premièrement, la comptabilité était bien tenue. Et deuxièmement que l’audit ne lui avait pas appris grand-chose car nous lui avions déjà tout dit. Cela montre bien que du point de vue des mécènes, la question de la gestion des fonds et de la transparence de leur utilisation est essentielle. Je dirais même que c’est tellement essentiel que c’est le seul moyen de pouvoir s’inscrire dans une relation de confiance sur la durée avec le mécène. C’est la condition du succès.

Quels sont vos projets pour les années à venir ?
D’abord nous entendons poursuivre « Save your logo » car c’est un programme qui donne entière satisfaction. Ensuite, nous souhaitons investir davantage sur le champ du faire-savoir. C’est-à-dire renforcer nos actions d’éducation, de sensibilisation en mettant en place des dispositifs d’information susceptibles d’intéresser le grand public, soit par des chroniques dans la presse, soit par l’organisation de concours à l’intention des enfants ou des jeunes, soit encore par des opérations de mobilisation par l’événementiel. Nous envisageons également d’étendre notre activité en nous adressant à des entreprises qui n’ont pas de logo en rapport avec la biodiversité et de développer l’appel aux dons du grand public par des solutions de communication originales. Enfin, le FDB lance une nouvelle initiative, le Fonds de soutien aux Atlas de la Biodiversité dans les Communes, pour mieux connaître et protéger la biodiversité proche de nous, celle de nos territoires. GRTgaz est la première entreprise à nous accompagner sur ce projet.