Atlas de la Biodiversité Communale : pourquoi ? comment ?

 

Les origines de la dynamique

En 2010, année internationale de la Biodiversité, les Nations Unies déclare la période 2011-2020 comme étant la décennie pour la biodiversité : le but est alors de promouvoir et de sensibiliser les citoyens du monde aux objectifs d’Aichi pour la biodiversité, qui constituent le nouveau «Plan stratégique pour la diversité biologique» de l’ONU. Pour atteindre l’objectif de diminuer la perte de la biodiversité, la Communauté internationale est convaincue que tous les acteurs doivent jouer leur rôle, y compris le grand public, à la fois utilisateur des services de la biodiversité et prescripteur de politiques publiques volontaristes.

 

En 2007, en France, le Grenelle de l’environnement a mis en lumière un manque de connaissances sur la biodiversité à l’échelle des communes et a constitué un signal fort notamment pour mieux intégrer la biodiversité dans les politiques publiques.

Pour combler ces lacunes et faire face à l’érosion de la biodiversité, le projet Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) a été officiellement lancé par le Ministère en charge de l’Ecologie, en mai 2010, suite à une réflexion conjointe des associations d’élus, des associations de protection de l’environnement, des scientifiques et des services de l’Etat.

 Sortie nature à Ayros-Arbouix © Commune d’Ayros-Arbouix

Qu’est-ce qu’un ABC ?

Le but d’un ABC, démarche communale ou intercommunale, est de constituer une aide à la décision pour les communes et les intercommunalités afin de préserver notre patrimoine naturel. C’est un outil simple et pédagogique, qui se doit de répondre aux objectifs suivants :

 

  • Apporter aux communes et intercommunalités une information naturaliste suffisamment exhaustive et synthétique, notamment cartographique, qui permette une intégration des enjeux biodiversité du territoire dans les choix des décideurs notamment par une traduction de cette connaissance dans les politiques d’aménagement (notamment à travers les documents d’urbanisme)
  • Favoriser la compréhension et l’appropriation des enjeux biodiversité propres au territoire par les élus, les équipes techniques, les acteurs locaux (agriculteurs, forestiers, entreprises, associations…) et les habitants
  • Impliquer les acteurs locaux pour construire, en concertation, des recommandations afin d’améliorer la gestion des espaces publics (voire privés) de la commune ou de l’intercommunalité
  • Examiner et intégrer, dans la mesure du possible, les aspects socio-économiques en identifiant les activités locales et leurs impacts, tant positifs que négatifs, sur la biodiversité (étalement urbain, activité minière, agricole, …)
    

 

L’ABC permet d’avoir une connaissance suffisamment exhaustive en amont pour intégrer les enjeux biodiversité dans les réflexions concernant les stratégies d’aménagement du territoire. C’est le préalable indispensable pour réduire notre empreinte écologique sur les écosystèmes.

 

« Nous nous sommes engagés en 2010 dans la démarche ABC suite à l’appel à candidature du Ministère de l’Ecologie. Cette démarche nous semblait particulièrement appropriée, au-delà d’enjeux nationaux et planétaires, pour répondre à notre projet municipal: modifier en profondeur l’image de la commune par une valorisation des potentiels humains, économiques et environnementaux en partageant avec l’ensemble des acteurs une vision dynamique et prospective du territoire tout en favorisant l’engagement du plus grand nombre ; ce à quoi répond l’ABC. »

Jean-François DAURE, maire de La Couronne

Commune coup de cœur du Jury du Fonds de soutien aux ABC 2013

 

 Lis martagon © J.C. Gigault

Comment entrer dans la dynamique ABC ?

Les collectivités françaises de métropole et des départements d’outre-mer désireuses de rentrer dans la dynamique ABC, peuvent, dans un premier temps, se faire connaître auprès du ministère en charge de l’écologie au travers de ce questionnaire.

Elles peuvent également se faire connaître auprès de leur DIREN/DREAL pour bénéficier d’un accompagnement méthodologique, soit seules, soit dans le cadre d’une structure intercommunale (retrouvez la DREAL de votre région).

La candidature d’une commune / d’une intercommunalité se fait sur la base d’une délibération du conseil municipal / du conseil communautaire si l’intercommunalité a compétence en matière d’environnement. Dans le cas où l’intercommunalité n’a pas compétence sur ce sujet, tous les conseils municipaux de l’intercommunalité candidate doivent délibérer.

Lors de l’élaboration du dossier de candidature pour s’inscrire dans la dynamique ABC, les critères de priorités sont les suivants :

  • la motivation, estimée d’après le dossier de candidature
  • l’intérêt d’acquérir de nouvelles connaissances sur la biodiversité sur le territoire de la commune, à l’appréciation des directions régionales en charge de l’environnement (il s’agit de sélectionner en priorité des communes sur lesquelles les connaissances sur la biodiversité sont lacunaires)
  • l’engagement à réaliser les différentes étapes du projet précisées dans le dossier de candidature (améliorer la connaissance des habitats, de la flore, de la faune et susciter la participation citoyenne)
  • la représentativité des situations à l’échelle nationale et régionale (en particulier différentes situations géographiques, biogéographiques, administratives, variabilité de la taille des communes et de la richesse naturelle des territoires)